Project : It comes and goes in the sea


The project would take place on the island of Koh Mak, the island close to Koh Chang in the golf of Thailand. The island has a surface of about 16 km ², rich in 1000 inhabitants and the main activities are fishing, the exploitation of coconut and rubber.

In February, 2009, I was invited on this island for about ten days to study the possibility of making a work.
I was struck by the beauty of beaches and protected virgin forest. But I was also amazed by objects which decorate beaches, came from the sea which were considered as wastes. There are objects from daily life such as shoes, hats, bottles, electric bulbs, food packagings, toothbrushes, lighters, and food...
These objects speak to us about those who live in the surroundings and at once give birth to stories.

Who arrived at the moment when the object fell, there, on the beach?
What happened before it went into the sea? To whom belonged this balloon? Is it the present of a father to his daughter to celebrate the New Year?
Is it the prize of a competition that this little boy won and had it escape accidentally?

The scenarios to be imagined
are many, from these objects which crossed the sea, this vast ground of adventure. For me, these objects transformed by the voyage in the sea and returned to the ground are simply fascinating. They awake the imagination, inspire a poetic quality and, by certain aspects they are survivors as people transformed by what they lived.

Strangely, beaches seem fuller in front of virgin territories and to walk in the middle of its objects, bend over them, to observe them, to list  them, to return them is not far from archaeology of the contemporary life.

Having lived next to the water, I know that tourism brings in its first batch of cigarette butts and broken beer bottles and then the more it grows, the waste is less apparent.
We makes them disappear. I want to keep track of these traces of lives, as if we could document the time that had passed .
And also the relationship to the water merits explorations.We often see the passengers of boats and also sailors throw their rubbish without thinking of the consequences.

Isn't it in certain aspect, natural to trust in water to clean thoroughly our waste ?

The idea is to work with children and adults, locals and tourists to create a project in common,to reach a successful landing of it comes and go in the sea by including local festivities around water such as
Loy Krathong -a celebration of the twelfth full moon of the year where the candles and Chinese lanterns are sent on rivers and areas of water, in any sorts of boats.

By being interested in the objects and enjoy them, these objects can become  other things than garbage and an act to collect them becomes the act that contains diverse meanings.

I would like to use this opportunity so that we think not only of getting rid of it, but so that we discover what these objects really are,
how they color our everyday life, when they are used, what leads us to abandon them, to abandon them in this way and how the attention and the imagination can give them another life. Maybe it will also be a way to create an understanding in the notion of waste management, but as it is, it will be the opportunity to meet and to create with diverse populations of all ages, professions and origins, and to share a common project.


Projet: Des objets qui vont et viennent de la mer



Introduction

Le projet aurait lieu sur l’île de Koh Mak, une île proche de Koh Chang dans le golf de Thaïlande. L’île est d’une superficie d’environ 16 km², riche de 1000 habitants et les activités principales y sont la pêche, l’exploitation de la noix de coco et du caoutchouc.

En février 2009, j’ai été invité sur cette île pour une dizaine de jours afin d’étudier la possibilité d’y travailler.
J’ai été frappée par la beauté des plages et la forêt primaire
préservée. Mais j’ai aussi été très étonnée des objets qui ornent les plages, venus de la mer et considérés comme des déchets. Il y a des objets de la vie quotidienne comme des chaussures, des chapeaux, des bouteilles, des ampoules électriques, des emballages alimentaires, des brosses à dents, des briquets, de la nourriture...
Ces objets nous parlent de ceux qui vivent aux alentours et donnent immédiatement naissance à des histoires...

Qu’est-ce qui a précédé le moment où l’objet échoue, là, sur la plage ?
Que s’est-il passé avant qu’il prenne la mer ?  À qui appartenait ce
ballon ? Est-ce le cadeau d’un père à sa fille pour fêter le Nouvel An ?
 Est-ce le prix d’un concours que ce petit garçon aurait laissé échapper accidentellement ?

 Les scénarios à imaginer à partir de ces objets qui ont traversé la mer, ce vaste terrain d’aventure, sont nombreux. Pour moi, ces objets transformés par le séjour en mer et rendu à la terre sont simplement fascinants. Ils réveillent l’imaginaire, ont gagné une qualité poétique et, par certains aspects sont des survivants comme ces hommes et ces femmes transformés par ce qu’ils traversent.

Étrangement, les plages semblent plus pleines face aux territoires vierges et se promener au milieu de ses objets, se pencher sur eux, les observer, les recenser, les retourner n’est pas loin d’une archéologie de la vie contemporaine.

Ayant longtemps vécu au bord de l’eau, je sais que le tourisme apporte dans un premier temps son lot de mégots et de bouteilles de bière brisées et puis, plus il se développe, moins les déchets sont apparents. On les fait disparaître. J’ai envie de garder la trace de ces traces de vies, comme si on pouvait documenter le temps qui passe.
Et puis le rapport à l’eau mérite aussi exploration. On voit souvent les passagers des bateaux, mais aussi les marins jeter, sans y réfléchir, leurs détritus dans la mer.

N’est-ce pas d’une certaine façon naturel de confier nos déchets à l’eau qui nettoie si bien ?

L’idée est de travailler avec des enfants et des adultes, des insulaires et touristes pour créer un projet commun avec ce qui va et vient dans la mer et aboutit sur les plages en y incluant les festivités locales autour de l’eau comme Loy Krathong – une célébration de la douzième pleine lune de l’année où des bougies et lampions sont envoyés sur les rivières et étendues d’eau, dans toutes sortes d’embarcations.

En s’y intéressant et tout en s’amusant, ces objets peuvent devenir autre chose que des détritus et l’acte de les ramasser un acte riche de significations diverses.
Je voudrais utiliser cette opportunité pour qu’on ne songe pas seulement à s’en débarrasser, mais qu’on découvre ce que sont réellement ces objets, comment ils colorent notre vie quotidienne lorsqu’ils sont en usage, ce qui conduit à les abandonner, à les abandonner de cette manière et comment l’attention et
l’imaginaire peuvent leur donner une autre vie. Peut-être sera-ce aussi une manière de sensibiliser à la notion de gestion des déchets, mais quoi qu’il en soit, ce sera l’occasion de se rencontrer et de faire que des populations diverses d’âges, de métiers et de provenances, partagent un projet commun.


Catherine Aflalo pour Miki Nitadori